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poésie

Le météorite du Montreuil

de Daniel Gagné

Jenesse avait un amour dans la vie et c’était une érablière. Elle tenait du miracle ayant poussé on ne savait pourquoi dans ce parc sablonneux du moyen Nord où n’avaient l’habitude de prendre racine que le cyprès, la comptonie voyageuse et le bleuet. Il avait découvert ce trésor un jour qu’il s’était perdu, justement à la recherche du bleuet. Ça avait été tout de suite le coup de foudre pour lui. De beaux érables sveltes mais vigoureux, un sous-bois bien dégagé où l’ombre croise le fer avec la lumière sans se douter que leurs victoires et défaites successives se réglaient sur la course du soleil. Et surtout, il y avait le lac.

Honnêtement, on aurait plutôt dit un étang. Minuscule, discret, profond comme les sources qui l’alimentaient. Une eau claire comme le regard du temps quand le ciel est au beau fixe. Et dessus, il y avait les îles. Un trésor dans le trésor. Car c’était des îles flottantes. Des bribes d’Amazonie égarées ici en plein Septentrion. Du coup, le Jenesse en avait oublié qu’il était perdu. Le choc, sûrement, l’avait fait frémir du genou aux orteils. On lui avait déjà parlé d’un météorite tombé pas très loin de là, il y a des millions d’années. Il avait haussé les épaules : ça n’apporte rien de plus dans son assiette que de vivre à côté d’un cratère. Quelle erreur! C’était sûrement à cause de lui, de l’épaisse chaleur qu’il avait dégagée que ces merveilles avaient été permises ici.

Ce n’était pas par hasard qu’il était arrivé sur cette perle ignorée. C’était lui qu’elle attendait, l’esseulée, la belle en pure perte. Elle l’avait attiré jusqu’à ses pieds en égrenant les bleuets le long de sa piste. Elle serait sienne désormais; et lui serait sien. Il en avait la certitude. Il s’approcha du petit lac pour en admirer les frissonnements colorés par le souffle chaud du jour se coulant sur sa peau au soleil couchant. Les petites îles se baladaient d’une anse à l’autre au gré des vagabondages du vent. Le pays des fées, pas de doute. Terrassé, il s’assit au pied d’un bouleau et pleura. Pourquoi lui? Pourquoi maintenant?

Il avait depuis longtemps renoncé à l’ambition du bonheur et à toutes les autres formes de l’ambition d’ailleurs. Il vivait bien simplement dans sa petite ferme de Roulier. Une vache et son veau, deux bœufs, cinq gorets, une douzaine de poules et un grand potager lui assuraient une maigre subsistance. Le foin, l’orge et l’avoine venaient bien dans ses champs qu’il avait déboisés, essouchés, labourés en y plantant le meilleur de lui-même. Veuf depuis trois ans, les enfants éparpillés aux bouts du monde, il était entré dans ce temps immobile où le quotidien se meuble de petites routines bien apprivoisées qui donnent l’impression que rien ne change autour de soi. Mais ses propres changements n’en émergeaient que davantage.

Ses muscles plus lents, plus mous à l’effort, ses yeux qui ne s’intéressaient plus aux détails du rapproché et n’aspiraient qu’à fixer le lointain de l’horizon dans sa mémoire, laquelle ne voulait plus s’embarrasser de tout ce qui ne faisait que passer en surface dans sa vie. Son corps s’échappait de lui par un trou au centre de son histoire et se tarissait lentement comme une source en hiver.

Et voilà que maintenant l’eau lui était redonnée. Il s’en aspergea les mains, puis la tête. Les forces lui revenaient. Il avait hâte à la prochaine saison « des sucres » pour se gorger de la sève des érables. L’emplacement de la cabane était déjà choisi, celui de l’appentis pour son bœuf aussi. Il bourra sa pipe, l’alluma et bascula dans les bras de son rêve.

Un faible bruit sec le fit sursauter quelques instants plus tard. Quelqu’un ou quelque chose approchait derrière lui. Peut-être le propriétaire des lieux qui voulait l’en chasser? Son cœur se serra de tristesse à l’idée. Il se retourna lentement, nullement pressé de devoir s’extirper de son enivrement. Une forme s’imposa peu à peu dans son champ de vision, qui tournait à l’hallucination.

Une orignale toute dressée sur ses hautes pattes le regardait immobile. Ses grands yeux calmes l’enveloppaient de douceur pendant qu’elle mâchouillait sa dernière bouchée de ramilles d’érable. Toute blanche dans l’embrasement du soleil couchant, elle s’ouvrit à lui :

- Je suis Nidjani, l’albinos. Je veux partager mon domaine avec toi. Je suis lasse d’errer seule au monde.

Jenesse répondit par un large sourire qui fit mal à ses joues tellement elles avaient perdu l’habitude de ce mouvement. Lui aussi était las d’être seul, même s’il ne voulait pas l’admettre. Ce fut le début d’une longue conversation silencieuse où chacun contemplait le lac en laissant parler ses songes.

- Vois-tu ces îles blotties les unes sur les autres au fond là-bas? Ce sont mes enfants qui voyagent de par le monde et qui, par moments, lorsque le vent est trop fort, lorsque le malheur frappe dru, s’enveloppent les uns aux autres pour mieux faire face. Il y a Wabanonè, Kwésis, Ickotè, Shiizepakoute...

Et le vieux Jenesse se mit à penser à ses propres enfants éparpillés eux aussi sur la surface agitée de la vie. Il y avait Laura, Wellé, Donat, Marie... On aurait dit que de les voir confinés à cette petite étendue d’eau le rassurait et qu’il pouvait encore leur épargner les coups du mauvais œil, comme du temps de leur enfance quand il remontait sur eux les couvertures dans les lits à l’étage, tous blottis les uns sur les autres avant de s’abandonner au sommeil et à son monde de terreurs et d’ostensoirs. Nidjani, Nidjani! Il venait de comprendre qu’avec elle il pouvait venir ici pour veiller sur leurs enfants.

Pendant des semaines il revint. Il construisit un petit abri et put ainsi passer la nuit sur place, sur une confortable douillette de sapins dont l’odeur lui rappelait qu’il était invité d’honneur dans le royaume de Nidjani. Les grandes neiges de décembre l’en séparèrent pendant des mois interminables. Elles finirent par couler en ruisseaux joyeux. Il se précipita alors dans le Montreuil pour entailler les premiers érables qui bordaient son refuge. Lorsqu’il eut bu de cette eau, il sentit ses membres se remplir d’énergie. Avec ses bœufs pour toute aide, il se construisit une hutte en planches grossières, assujettie sur une lisse de billots prélevés à même le peuplement de cyprès confinés dans les parties plus sablonneuses autour du lac. Puis il se mit à courir les érables, dont il prélevait la sève sucrée à l’aide de chalumeaux de bois qu’il avait gossés à la lueur de la chandelle pendant les soirs d’hiver. Il faisait bouillir l’eau sur un baril en acier de quarante-cinq gallons couché sur le ventre qu’il avait transformé en poêle à bois en lui découpant une porte à un bout, un trou à l’autre pour y ajuster un tuyau à fumée. Il avait aussi percé une ouverture au centre de la partie supérieure, juste assez grande pour y insérer une chaudière de zinc au-dessus des flammes, dans laquelle il déposait l’eau recueillie. C’était tout à fait rudimentaire, mais ça permettait de cuire un sirop suffisamment concentré pour qu’il se conserve quelques semaines. Il le finissait ensuite sur « son poêle de cuisine » après son retour à la maison, à la fin des sucres. Le soir il se couchait près de ses bœufs dans sa hutte et s’endormait content, réchauffé par une présence invisible mais lumineuse autour de lui. Il était heureux.

L’année suivante il prit le temps de se construire une vraie cabane avec un évaporateur reposant sur un socle de maçonnerie dans lequel il pouvait charger des bûches d’un mètre de longueur. Il tailla des sentiers parmi les butons aux alentours pour agrandir le cercle des arbres qui contribueraient à alimenter sa bouilloire. Le soir venu, il s’assoyait à la fenêtre, repu de sa journée, pour contempler le lac avec ses navires immobilisés dans la glace, mais qu’on aurait dit impatients de reprendre la mer, maintenant que l’eau libre se gonflait sous leur prison de cristal. La châtelaine des lieux ne venait guère avant que les premières fleurs ne soient apparues aux branches des érables.

Il ne vit d’abord que les traces de son passage pendant la nuit. Un jour ses bœufs sortirent de leur torpeur coutumière, s’agitant en reniflant intensément. Il sut tout de suite qu’elle était là, fidèle au rendez-vous. Elle le laissa s’approcher si près qu’il put lui tendre une offrande de foin sec et d’avoine qu’elle dédaigna. Venue essentiellement pour examiner son installation, elle le regardait avec un sourire approbateur dans les yeux, les naseaux frémissants. L’eau! Bien sûr, c’est l’eau d’érable qu’elle voulait! Il lui en déposa une pleine chaudière dans la neige sous son nez. Elle la flaira un peu, s’y plongea le museau et but goulûment. Ses oreilles battaient comiquement de part et d’autre de sa tête pendant qu’elle s’abreuvait à ce plaisir rare, fondant de la langue jusqu’au coeur. C’était donc pour ça qu’elle l’avait entraîné jusqu’ici et incité à y exploiter les érables. Elle connaissait le goût de cette liqueur et se languissait de le retrouver. Jenesse venait de découvrir le moyen de la garder près de lui. Tous les jours par la suite il lui réservait un seau plein de sa récolte la plus sucrée près de sa cabane, qu’elle venait boire à la brunante pendant que ses bœufs s’envoyaient goulûment leur ration de foin à ses côtés.

Il en fut de même l’année suivante. Et Jenesse rajeunissait au milieu de ses immuables rites chaque fois qu’il voyait venir la saison des sucres, la saison de Nidjani. Mais, au village, le bruit courut qu’il avait trouvé une érablière dans le Montreuil. Il avait donné un peu de son sirop à certains incrédules pour les convaincre. Cela avait assoiffé les envieux. On murmurait en sourdine que cette érablière poussait sur les terres de la Couronne, qu’elle appartenait donc à tout le monde. Et Nidjani? Personne ne croirait sa version des faits. D’ailleurs, valait mieux se taire, rapport aux braconniers... Jenesse se tourmentait à chercher le moyen d’acquérir légalement son érablière.

Il résolut d’aller consulter le député, un homme important mais qui avait des manières simples et se laissait aborder facilement par les petites gens. Il fut reçu dans le bureau de comté, à Rouyn. Tout intimidé, il exposa son plan au parlementaire qui parut fort intrigué. Lui aussi venait du Sud, avait été baptisé jeune à l’eau d’érable et partageait la même religion que son électeur, exubérante au « temps des sucres », cette messe folle où on anticipe la douceur de l’été en sirotant l’élixir des sucriers.

- Vous en faites pas, M. Jenesse. je vais vous arranger cela. Revenez me voir l’automne prochain.

L’automne suivant, ce n’était pas arrangé. Mais il s’était informé et il n’y aurait aucun problème. Quelques petites formalités à régler avec les pousse-crayons au ministère et le fonds de terre serait à lui. Fallait revenir à l’autre automne prochain. Jenesse s’en retourna presque satisfait, un petit doute excepté. L’année suivante, on en était toujours au même point. L’inquiétude grandissait.

- Vous en faites pas M. Jenesse. Tant que je serai là, personne ne touchera à votre bien.

Votre bien. Rien que d’entendre ces mots, c’était « de la musique à son oreille », comme disent les Anglais. Il songeait alors à sa cabane, à son lac, à ses îles, à ses enfants flottants, à la blanche orignale qui, comme lui, ne vieillissait plus depuis qu’elle buvait de cette eau bourgeonnante. Mais les langues, bonnes et mauvaises, parlaient de plus en plus fort au village. Et dans plus grand encore. Et toujours cette promesse vague du député. Au moins cela avait-il suffi pour décourager ceux qui en voulaient à « son bien ». Ça lui avait tout de même coûté un gallon de sirop oublié discrètement dans le bureau du député à chaque année.

Puis un jour, l’improbable arriva. L’autre perdit son élection! Jenesse était atterré. Tout serait à recommencer avec le nouvel élu. Si jamais on pouvait lui cacher qu’il avait déjà eu de petites ententes avec son prédécesseur... Or il l’apprit, et très rapidement même. Cinq jours après le plébiscite, il accorda un contrat de coupe de bois dans l’érablière. On raconta plus tard que le marchand général avait patiemment manigancé tout cela derrière son comptoir.

On ne prit même pas la peine de l’avertir. C’est le bruit des tracteurs et des scies mécaniques entendu dans le lointain qui lui mit la puce à l’oreille. Il se précipita, à pied mais avec une hache à la main. Il mit près de trois heures à se rendre, souffrant à chaque pas d’entendre le vacarme qui s’amplifiait et lui chavirait le cœur. Quand il déboucha enfin dans la clairière qu’il avait dégagée, il vit ses pires craintes confirmées, Trois hommes s’affairaient là, abattant ses plus beaux arbres, les sciant en billots et les empilant sur une charrette de cultivateur pour sûrement les transformer en vulgaire bois de poêle.

C’était le massacre pour le massacre, exécuté par les chevaliers du mal, tout excités à l’idée de détruire un peu plus de beauté sur terre. Du plus loin qu’il les vit, il leur cria, bien inutilement car son appel se perdait dans le vacarme des machines et le fracas des arbres qui s’effondraient au sol. Il dut s’approcher jusqu’à les toucher de sa hache avant qu’ils ne s’arrêtent.

On s’expliqua. Ils lui montrèrent le papier signé de la main d’un obscur agent de l’État au ministère des Richesses naturelles. Il n’avait rien à montrer excepté son cœur qui palpitait et l’évidence, tout autour d’eux, que quelqu’un avait déjà pris possession des lieux auparavant. Cela ne les avait pas impressionné. En se rendant à sa cabane, il constata avec horreur qu’ils s’y étaient installés sans se gêner. Leurs vêtements épars accrochés à ses chaises, leurs outils et leurs sandwiches mêlés sur sa table, une théière sur son évaporateur qu’on avait bourré de bois prêt pour l’allumage. Même le seau réservé à Nidjani avait été réquisitionné pour y ranger l’huile destinée aux gosiers asséchés des moteurs!

Les gallons de sirop versé dans l’estomac de l’ancien député lui remontèrent au nez et coulèrent en larmes amères sur ses joues tremblantes. La brûlure de la promesse violée flamba jusqu’à son cerveau. Il se saisit de leur butin et lança le tout violemment dehors. Hors de chez moi, assassins!

Les autres, des jeunes aux bras d’acier, le regardaient sans rien dire. Ils voyaient bien la dévastation dans ce visage usé par les années de misère mais encore étonné par l’injustice de son sort, lui qui n’avait nui à personne dans la vie. Il aurait voulu leur en parler de la vie, de sa vie qu’ils mettaient en pièces, de celle de Nidjani et de ses enfants là-bas gambadant sur le lac. Les mots ne lui venaient pas. Il n’avait jamais été causant, le Jenesse, et les années de solitude avait empiré le mal, emmurant les paroles dans sa tête. Il regarda une dernière fois tout ce ... ce... cela qui lui avait donné un second souffle pour repousser la mort de son corps. Il repartit le dos courbé bien décidé à trotter vers sa tombe, laissant les autres saisis d’un étrange malaise. Sans même se concerter ils laissèrent quelques érables debout ci et là pour lui réserver l’illusion d’une érablière.

Mais Jenesse n’osa même pas retourner après qu’ils en eurent fini avec leurs travaux. Privé de son eau de Jouvence, il dépérit comme une fleur en sécheresse. Autour de lui les quelques présences familières le quittèrent une à une, la vache et son veau, les deux bœufs, les douze poules... Il ne resta qu’une chatte d’Espagne qui le suivait partout en se frôlant entre ses jambes.

Ce fut quelques années plus tard que mon père le connut par hasard. Il lui rendait visite de temps à autre pour jaser. Quand ils se furent un peu apprivoisés, Jenesse lui mentionna le passage de l’érablière dans sa vie. Ces deux-là venaient de se découvrir une ferveur commune. Mon père lui proposa d’aller visiter les anciennes installations. Il finit par y consentir non sans beaucoup d’hésitations.

Son chemin, une plaie taillée à force d’homme dans la forêt, s’était cicatrisée en un sentier incertain. Les deux hommes s’y engagèrent, ajustant leur allure au pas lent de l’aîné. Les souvenirs remontaient au fur et à mesure qu’ils s’enfonçaient dans les fondrières, embellis par les années d’éloignement. Il avait beau scruter les lieux avec minutie à la recherche de tel détail accroché à son rêve, la réalité l’avait dépassé.

On marchait ainsi depuis des heures et des heures. Son compagnon ne fut pas loin de croire que le vieux s’était inventé cette histoire à force d’ennui de sa jeunesse. Retombé en enfance, comme on disait de beaucoup de ces vieillards évacués de l’avenir autant que du présent et pour lesquels il ne restait que le futur antérieur à conjuguer. On rebroussa chemin devant l’évidence d’une erreur de concordance entre les lieux et le temps. Ce fut mon père qui au retour découvrit l’érablière dans une clairière envahie par les touffes de joviales repousses sur les troncs séchés des érables abattus.

Jenesse refusa d’abord de l’admettre tellement ça ne ressemblait plus à ce qu’il portait dans sa tête. Puis, on découvrit les restes de la cabane, effondrée par terre, sauf pour les pierres serties de mortier pour l’évaporateur. Ils toisèrent les gros arbres survivants qu’on avait laissés sur place et mon père en déduisit qu’il y avait bel et bien eu une vraie érablière en ces lieux. Le lac? Jenesse ne tenait plus en place, maudissant ses jambes trop molles. Par là, qu’il lançait d’une voix enfiévrée à l’autre déjà loin devant.

Il finit par le rejoindre, déjà en poste sur la rive. Le visage radieux il lui expliqua la nature ambiguë des neuf petites îles qui découpaient la surface du lac. Un peu plus et il lui révélait l’existence des enfants et de Nidjani. Ils restèrent ainsi longtemps perdus chacun dans la contemplation de ses souvenirs d’enfance sucrée. Le bonhomme décida finalement de remonter lentement jusqu’à la cabane, laissant l’autre à ses songes. Soudain il s’écria derrière lui :

- Monsieur Jenesse! Monsieur Jenesse, venez voir : un orignal!

Jenesse rebroussa chemin courant aussi vite que sur ses pattes alertes d’autrefois. Il le rejoignit tout essoufflé. C’était bien elle, broutant dans une baie peu profonde les racines de potamot. Elle le regarda en souriant de toutes ses dents. Le vieil amant en eut le cœur chaviré. Nidjani! Elle m’attendait tout ce temps. La sève remontait en lui se frayant péniblement un chemin à travers ses artères sclérosées. Il était à nouveau gonflé à bloc. Il pouvait maintenant entendre son cœur battre dans sa poitrine et la chaleur chassait l’arthrite de ses os. Il souriait de tout son dentier en regardant mon père :
- Ah ben! Ça, Ça me vaut mille piastres!

Il voulait dire : ça me vaut l’éternité.

 

 

 

©Texte de Daniel Gagné

  Notes biographiques de Daniel Gagné

 

 

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